LE MYTHE GREC DES GÉMEAUX :

La mythologie grecque nous rapporte un récit très intéressant à propos des principaux enjeux du signe des Gémeaux. En effet, tout s’amorce au cours d’une nuit où la reine Léda s’unit à Zeus. Craignant que son mari, le roi Tyndare, découvre sa relation adultère, elle décida de s’unir également à lui au cours de la même nuit. Ainsi, elle accoucha, neuf mois plus tard, de deux œufs doubles portant chacun un garçon et une fille. Du premier naquirent Pollux et Hélène (dont la paternité revint à Zeus) et de l’autre Castor et Clytemnestre (fils et fille de Tyndare).

Or le mythe nous précise que Castor et Pollux manifestèrent rapidement un sens aigu de la fraternité et qu’ils partagèrent de nombreuses aventures. Aussi, lorsque Castor, fils mortel de Tyndare, fut blessé à mort au cours d’un conflit armé, Pollux refusa l’immortalité que lui offrait son père, si son frère devait en être privé. Confronté à ce dilemme, Zeus leur permit donc de passer la moitié de leur temps sur terre et l’autre moitié au ciel.

    Sur un plan symbolique, Léda incarne la personnalité. Fécondée par Zeus (par les forces divines), elle donna naissance à Pollux (à une conscience émissive et active focalisée sur la découverte de sa réalité intérieure) et à Hélène (représentant cette même conscience dans sa dimension réceptive et passive). Fécondée d’autre part par Tyndare (évoquant les forces terrestres), elle donna naissance à Castor (à une conscience émissive et active focalisée sur la découverte de la réalité extérieure) et à Clytemnestre (symbolisant cette même conscience dans sa dimension réceptive et passive). Dans cette perspective, la fraternité unissant Castor et Pollux évoque éloquemment le rapport de complémentarité que nous devons instaurer entre la réalité extérieure (symbolisme de Castor) et notre dimension intérieure (symbolisme de Pollux).

    A ce titre d’ailleurs, Castor était, selon la légende, spécialiste de la course à pied tandis que Pollux était maître du ceste (une discipline sportive comparable à la boxe). Or, sur un plan symbolique, les pieds (essentiellement sollicités par celui qui court) permettent, en raison de leur rapport direct avec la terre, de prendre contact avec le monde extérieur. En ce sens, « avoir les pieds sur terre » est une expression populaire souvent employée pour désigner une personne pleinement engagée sur le plan terrestre. Quant aux mains (principalement utilisées par l’adepte du cestre), elles se réfèrent davantage à la nature intérieure de l’homme dont elles expriment les valeurs profondes (par l’écriture et le geste). Dès lors, considérés selon la discipline sportive dans laquelle ils excellent, Castor et Pollux illustrent bien la nécessité de coordonner les bras et les jambes, en établissant un rapport de complémentarité féconde entre les réalités du monde extérieur (représentées par Castor) et celles du plan intérieur (symbolisées par Pollux).

    Dans cette perspective, le fait que Pollux refusât l’immortalité que lui offrait son père, si son frère Castor devait en être privé, s’éclaire parfaitement. En effet, en cessant de nous investir sur le plan extérieur, nous ne pouvons plus rendre tangible les potentialités de notre nature intérieure. Plus encore, celle-ci, privée de tout moyen d’expression, cesse alors d’exister (ne pouvant assurer, par elle-même, sa présence dans le monde extérieur : elle n’y est plus qu’une ombre). A ce titre le verdict de Zeus est également fort intéressant. En effet, les deux frères durent passer la moitié de leur temps sur terre en présence des hommes et l’autre moitié au ciel en compagnie des dieux. Ceci entraîna donc une restauration du rapport de complémentarité dynamique entre le monde extérieur et la réalité intérieure, une condition nécessaire à toute existence en ce monde.

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