LES DOUZE PIERRES DE L’APOCALYPSE

 Dans ce menu, vous trouverez une analyse brève des pierres correspondant à chaque signe selon la tradition de l’Eglise Gnostique Apostolique.1 Cependant, pour bien comprendre le rapport étroit existant entre les pierres et les douze signes, nous devons d’abord rappeler que les anciens considéraient les pierres comme de véritables vecteurs d’énergie spirituelle. A titre d’exemple, les bijoux de l’Egypte antique n’étaient pas fabriqués arbitrairement de manière à produire un simple effet esthétique mais en vue de favoriser l’incarnation et l’expression d’une énergie spirituelle particulière. Dans ce but, le lapis-lazuli, la turquoise, la cornaline et l’obsidienne étaient principalement utilisés.

Or d’antiques traditions perpétuent encore aujourd’hui l’usage sacré des pierres. Ainsi, l’approche chamanique des Indiens d’Amérique considère toujours le monde minéral comme un formidable condensateur d’énergie psychique et spirituelle. Le « cristal de roche »,3 par exemple, continue de leur apparaître comme une pierre « détachée du trône de l’Etre suprême ou de la voûte céleste » comme le précise si bien Mircéa Eliade. Ce cristal naturel est donc toujours vénéré en tant que véritable « morceau d’éternité ».

    Dans la même perspective, la tradition chrétienne continue d’ailleurs d’octroyer aux pierres un rôle privilégié. II suffit de considérer en ce sens leur utilisation sur les objets liturgiques tels que les calices, les ciboires ou les ostensoirs. Plus encore, les douze pierres associées aux douze signes du zodiaque sont citées dans les textes bibliques comme constituant les fondations de la Jérusalem céleste. En effet, saint Jean nous précise :

« La ville est de l’or pur, comme du cristal bien pur. Les assises de son rempart sont rehaussées de pierreries de toutes sortes : la première fondation est de jaspe, la deuxième fondation de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d’émeraude, la cinquième de sardonyx, la sixième de cornaline, la septième de chrysolithe, la huitième de béryl, la neuvième de topaze, la dixième de chrysoprase, la onzième d’hyacinthe, la douzième d’améthyste. ».

– Apocalypse XXI, I-2.

    Or si cette cité sainte apparaît sous une apparence exotérique (celle d’une ville), elle représente, sur un plan symbolique, l’état de conscience atteint par celui qui se prépare à la résurrection. En effet, saint Jean la décrit comme descendant du ciel :

« Puis je vis un ciel nouveau, une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu, et de mer, il n’y en a plus. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, de chez Dieu. ».

– Apocalypse XXI, 18-20.

Plus encore, elle est clairement mise en opposition avec Babylone, la grande cité déchue sur laquelle règne l’Esprit du monde, porteur d’une fausse lumière symbolisée par le serpent, sous l’emprise duquel l’homme cessa de contempler la réalité d’une manière intérieure (par une conscience verticale) pour la percevoir d’une manière exclusivement extérieure.

    Ainsi, la description symbolique que saint Jean nous propose de la Jérusalem céleste évoque toutes les étapes et tous les aspects de l’œuvre alchimique qui nous permettra de participer pleinement aux réalités divines. Dès lors, sachant que les douze signes zodiacaux nous indiquent également le destin que Dieu nous a réservé (le plan de leur réintégration dans les sphères divines), il est naturel que les traditions anciennes associèrent les douze pierres de la Jérusalem céleste aux douze signes du zodiaque. Vous les trouverez donc dans ce menu associées à chacun de leur signe zodiacal.

1 – En effet, le rituel de transmission de la cléricature dans cette Eglise comporte tout un enseignement mettant en exergue les douze signes du zodiaque et les pierres formant l’assise de la Jérusalem céleste. C’est à ce système de correspondance que nous nous référons.

3 – Cristal vient du mot grec krystallos, un terme évoquant la glace car les anciens Grecs croyaient qu’issu de la montagne, le cristal était de la glace pétrifiée dans laquelle les dieux avaient trouvé un domicile terrestre que le soleil était incapable de détruire.

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