2.L’ ANGE YeVaM YaH

SELON LA TRADITION INITIATIQUE

Les ANGES sont l’incarnation vivante de la Sephirah YESOD (Fondement). Or YESOD, nous l’avons vu, se manifeste sur le plan matériel sous l’apparence de la Lune. Aussi, la tradition kabbalistique attribue à l’Ange YeVaM YaH au même titre qu’à toutes les autres ANGES une tonique majeure Lunaire.

Plus encore, en nous référant à l’arbre Séphirothique des Anges, nous constatons que l’Ange YeVaM YaH est également associé à Netzach (victoire). Les fonctions célestes de l’Ange YeVaM YaH seront donc coloré une tonique mineure Vénusienne. Ainsi, la fonction principale  YeVaM YaH: développer en nous notre sensibilité au monde qui nous entoure (tonique majeure Lunaire), s’exercera dans un contexte fortement imprégné de valeurs  Vénusiennes.

En raison de sa coloration Vénusienne, le pouvoir de YeVaM YaH se révèle donc particulièrement efficace pour développer une sensibilité toute féminine c’est-à-dire réceptive, délicate et subtile. Nous ressentons avec une intensité extrême le monde qui nous entoure ; ceci en fait notre force et notre faiblesse. Notre force d’abord car nos sommes généralement portés à exprimer notre sensibilité avec un sens de  l’esthétisme remarquable. Cette sensibilité exacerbée peut toutefois rapidement se révéler une faiblesse dans la mesure où nous devenons très vulnérable face aux agressions extérieures, si insignifiantes sont-elles.  Nous pouvons alors réagir de manière désordonnée sans aucune mesure en regard à l’intensité de notre stimulus sensoriel. YeVaM YaH s’avère en ce sens une aide précieuse pour stabiliser cette sensibilité. De même, cet Ange peut nous aider à lutter contre toute sensibilité favorisant la paresse, la négligence et l’indolence.

Le  sens que la tradition associe à YeVaM YaH est le goût. Ce goût sépare ce qui est bon de ce qui est mauvais ; il tranche et par la même, fait attribuer à son organe, la Langue, la symbolique de l’Epée. « Dans sa main droite il a sept étoiles, et de sa bouche sort une épée acérée,  à double tranchant. » rapporte Jean à la vue du fils de l’homme dans son Apocalypse. La langue discerna ainsi ce qui est  pour l’homme, poison, de ce qui ne l’est pas, contribuant ainsi à sa libération spirituelle.

Selon l’enseignement de l’hermétisme, le Don du discernement, expression supérieur du sens du goût,  est également éveillé par YeVaM YaH. Spécifions toutefois ici que ce don du discernement implique moins l’intervention de l’intellect que celle du ressenti. En fait, l’expression familière «  avoir du gout » résume assez bien ce qu’il faut entendre ici par cette faculté. Cette expression désigne en effet, selon Lalande (dans le Vocabulaire de la philosophie), cette aptitude «  juger intuitivement et surement des valeurs esthétiques, en particulier dans ce qu’elles ont de correct et de délicat. ». Le goût  sensibilise en fait l’être à l’harmonie et à la beauté. Et plus nous serons épanouis spirituellement, plus nous ferons preuve de bon goût sachant ressentir la beauté authentique en chaque être et chaque chose. Il est toujours étonnant à ce titre de constater combien les êtres encore profondément ancrés dans leurs aveuglement spirituel démontrent souvent une importante carence dans l’appréciation de la beauté ou de l’harmonie véritable. L’ange YeVaM YaH  éveille donc en notre être profond cette réceptivité à l’harmonie qui enracine peu à peu en notre être  une harmonie comparable.

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